Gaspillage alimentaire | Mes astuces anti-gaspi

- Photo de Joanna Kosinska sur Unsplash -

 

Selon la FAO, chaque année sur la Terre, nous gaspillons 1,3 milliards de tonnes de nourriture. De façon bien plus visuelle, cela équivaut à jeter 1/3 de nos courses ou de notre assiette à chaque repas… dont des produits encore emballés alors que 821 millions de personnes souffrent de la faim chaque jour. Et du côté des fruits et légumes c’est encore pire : près de la moitié (45%) sont perdus, et ne pourront être consommés. Je trouve ce constat totalement aberrant…

Quand on sait qu’en France beaucoup de personnes n’ont pas les moyens de s’acheter à manger, l’idée de jeter de la nourriture consommable me rend mal à l’aise…

En plus de l’aspect éthique et environnemental, sachez que ce gâchis coûte évidemment de l’argent. D’après le site « Ça suffit le gâchis », c’est 20 kg d’aliments mis à la poubelle par personne et par an en France (dont 7kg encore emballés), équivalent à jeter par la fenêtre 159€ chacun tous les ans ! (Suivant les sites, j’ai trouvé plein de chiffres différents, mais ils donnent un ordre d’idée.)

Nous sommes tous autant responsables du gaspillage fait autour de la consommation que celui effectué en amont de la chaîne (problèmes de production, manutention, distribution, stockage dans de bonnes conditions…).

Je ne suis pas du tout (du tout) parfaite, mais j’essaie de faire attention. Le fait d’en prendre conscience, c’est déjà un immense pas vers l’envie de s’améliorer. Je vous partage aujourd’hui mes petites astuces pour être plus vigilant, adopter de nouvelles pratiques de consommation et ainsi limiter ce gaspillage.

 

× Comment s’organiser ?

1 | CONNAITRE LE CONTENU DE SON FRIGO / SES PLACARDS

Avant d’aller acheter d’autres denrées, il faut trier son frigo / ses placards afin de savoir exactement ce que l’on possède. On s’assure ainsi de ne pas acheter de doublons non nécessaires mais ça permet aussi de vérifier régulièrement que les dates limites (DLC / DDM, cf plus bas ↓) ne sont pas dépassées.

2 | FAIRE UN MENU + UNE LISTE DE COURSES

Niveau organisation, établir des idées de repas pour la semaine (sans forcement faire de menu type, mais juste noter des plats qui peuvent être flexibles). C’est tout bête, ça fait gagner du temps, mais surtout, vous saurez exactement ce qu’il vous manque pour votre liste de courses. (On peut aussi prévoir un repas « libre » lors duquel on pourra terminer les restes s’il y en a des repas précédents).

3 | « IL EST MOCHE MON LEGUME, IL EST MOCHE ! »

Dans certains commerces, les fruits/légumes un peu gâtés, tachés, biscornus ou aliments dont la DLC approche (Date Limite de Consommation) bénéficient parfois d’une réduction. Ouvrez l’oeil ! Personnellement, j’ai toujours comme une impression de « sauvetage » quand j’achète des fruits/légumes dits « moches », car je sais qu’ils n’intéresseront pas grand monde… mais sont pourtant aussi bons !

4 | SAVOIR CONSERVER SES FRUITS/LEGUMES

Une partie du gaspillage est liée à une mauvaise conservation des fruits/légumes achetés qui terminent à la poubelle…

  • A garder dans un endroit frais, sec et sombre → les pommes de terre, l’ail, l’oignon, le potiron…
  • A conserver dans le bac à légumes dans le frigo → tout ce qu’on va consommer dans la semaine. Leur maturation sera plus lente. La salade par exemple, ne se garde pas très bien, il vaut mieux la consommer rapidement !
  • Ce qu’on conserve à l’air libre → les fruits, et donc aussi les tomates ! (sinon elles perdent leur gout au frigo).

Dans le livre « Notre aventure sans frigo ou presque… » vous pouvez apprendre quels aliments on peut entreposer, mettre dans l’eau, sécher, emballer, fermenter ou encore mettre en bocaux afin de les conserver au mieux (sans frigo du coup) !

Idée : on peut aussi les déshydrater grâce à un déshydrateur ou au four. Ça prend généralement beaucoup de temps mais c’est super bon et ça permet d’éviter de jeter des fruits ou des légumes…

5 | CONTRÔLER LA MATURATION

Certaines alliances accélèrent le processus de maturation des fruits et des légumes. C’est le dégagement d’un gaz : l’éthylène, qui en est responsable. Les pommes et les bananes par exemple, en émettent beaucoup ! Pour faire murir un fruit plus rapidement, il suffit de l’enfermer dans un sac en papier avec l’un des 2  fruits cités précédemment. Mais attention, certains fruits comme les agrumes ou le raisin, ne sont pas sensibles à l’action de l’éthylène. Il doivent donc être choisis « à point » car après la cueillette, ils commencent leur processus de détérioration…

6 | RANGER SON FRIGO/PLACARD

Réflexe d’infirmière (comme pour les médicaments dans les pharmacies d’hôpitaux), je range mon frigo et mes placards suivant un système de « first in / first out ». (Pour l’anecdote, grâce à cet article, je viens d’apprendre qu’il existait un nom pour cette méthode !)

C’est à dire que le premier entré est aussi le premier sorti. J’organise mon frigo pour ainsi manger le produit le plus ancien d’abord. Il suffit de ranger les aliments qui ont une DLC plus longue (ceux que vous venez d’acheter), toujours derrières ceux qui ont une DLC plus courte (ceux achetés avant).

Le rangement du frigo suivant les zones les plus froides ou fraiches ne s’improvise pas non plus. Chaque étage est réservé à un type d’aliment suivant la température qu’il y fait. Par exemple, les produits les plus à risques comme la viande crue se range dans la partie la plus froide (généralement tout en haut mais ça dépend de votre modèle…). Les légumes, eux ont leur bac dédié en bas… (plus d’infos ici). Je crois que les appareil à air froid ventilé dont la température est plus homogène sont moins concernés.

7 | ET POURQUOI PAS CONGELER ?

La surgélation est un procédé industriel, à la maison on congèle simplement. J’utilise beaucoup le congélateur afin de gagner du temps et d’avoir toujours sous la main des préparations maison : pâtes à pizza, du pain, des plats préparés, de la soupe (je la mets dans des pots de confiture en verre pour une portion individuelle). C’est super pratique pour les restes. N’oubliez pas d’étiqueter votre contenant car ensuite, c’est parfois difficile de reconnaitre la nature du contenu !

On peut congeler beaucoup de denrées si on respecte les règles de base : la nourriture doit être froide pour rentrer dans le congélateur, ne jamais y remettre un produit qui a été congelé et respecter le temps limite de congélation.

8 |  SINON PARTAGER !

Si vous cuisinez une trop grande quantité de nourriture, n’hésitez pas à proposer à vos invités, amis, famille ou même voisins les restes d’un repas convivial ou votre surplus d’aliments quand vous vous rendez compte que vous ne pourrez pas tout manger…

9 | ET SI MALGRÉ TOUT UN PRODUIT N’EST PLUS CONSOMMABLE ?

Même si vous avez pris toutes les précautions du monde, ça peut malheureusement arriver de gaspiller. Ces aliments devenus déchets « inévitables », peuvent être mis au compost afin d’aider à la croissance d’autres denrées par exemple. Ils auront été utiles à quelque chose, et sont donc valorisés !

 

- Photo d'Alexander Mils sur Unsplash -

× Peut-on manger des aliments périmés ?

La réponse est oui, mais pas tous ! Et ça dépend de ce qu’on appelle « périmé ». C’est une des questions que l’on se pose souvent. Quelle est la différence entre DLC / DDM ?

  • DLC : date limite de consommation à ne pas dépasser : « Exp » ou « A consommer jusqu’au… »

Une fois  cette date dépassée, le produit n’est plus bon à être consommé.

  • DDM : date de durabilité minimale (qui remplace la date limite d’utilisation optimale (DLUO) : « A consommer de préférence avant… »

Pour comprendre ces formulations de dates, la première est la Date Limite de Consommation. Comme indiqué, elle précise la date limite à ne pas dépasser pour le consommer.  En revanche, la Date de Durabilité Minimale exprime le temps durant lequel une denrée a une qualité optimale. On peut donc le manger après cette date sans risque pour notre santé.

Bien-sûr, faites appel à votre bon sens. Si vous avez un doute sur un aliment, odeur ou aspect suspect, DDC dépassée ou non, ne le consommez pas !

Personnellement, je mange sans problème un yaourt à la date dépassée de plusieurs jours (voire semaines). Par contre je ne fais jamais cela avec de la viande, c’est beaucoup trop risqué !

 

× Une deuxième vie pour…

Afin de cuisiner vos restes, soyez inventifs ! Certaines applications permettent de trouver des recettes en indiquant le contenu de votre frigo/vos placards.

  • du vieux pain sec → du pain perdu, de la chapelure
  • des épluchures → un bouillon de légumes
  • des fruits un peu trop mûrs → de la compote, une confiture, un jus frais, un délicieux crumble
  • des restes de plats → un gratin « foursitou »
  • des morceaux de fromages → une quiche au fromage, ou des toasts passés au four

 

× D’autres pistes

La semaine dernière, je vous ai parlé de l’application « Too good  to go » qui est aussi une bonne astuce anti-gaspillage ! Sinon niveau lectures, le livre « Moins gaspiller, c’est pas sorcier ! » contient plein de petits « tips » pour réduire le gâchis tant au niveau de la cuisine, que de son habitat ou de son jardin… Et ici, vous retrouvez « Neuf conseils pour réduire le gaspillage alimentaire et devenir un héros du programme #FaimZéro »

La campagne "les contes de l'antigaspi" du Ministère de l’Agriculture et de l'Alimentation | Octobre 2018. #AntiGaspi

 

Si vous avez d’autres petites astuces, n’hésitez pas à les partager en commentaires, ça servira à tout le monde. Et n’oubliez pas que « le fait de disposer d’autant de nourriture est un réel privilège ».

Ne gaspillons pas notre nourriture !

8 commentaires

  1. Cet article est vraiment super intéressant et très bien écrit. Merci de cette sensibilisation. J ai été très touché par tes mots qui transpirent ton envie de mieux faire les petites choses du quotidien.
    Des bisous

  2. Merci pour cet article super inspirant ! Perso j’essaie de faire le moins de gâchis possible dans la cuisine, ce qui est un défis presque réalisé aujourd’hui. Cest plutôt mon frigo qui me dicte mes repas, je choisis et cuisine en fonction de ce qui est prêt à se « périmer ». Pour les fruits et légumes je les récupère en purée, soupe ou compote, sinon je congèle au fur et à mesure pour les viandes ou les plats. Nous achetons aussi beaucoup dans un super marché où les produits sont vendus moins cher car dates de consommation proches… et nous n’avons jamais été malades belle journée !

  3. J’ai rigolé avec le système de « first in / first out » ! On dit aussi FIFO avec son opposé FILO (First In / Last Out).
    Ce sont des méthodes qu’on utilise en comptabilité, en particulier pour les achats/ventes de titres financiers.

    En tout cas merci pour cet article très intéressant et complet !

    1. Ha merci beaucoup ! Effectivement, je n’ai jamais pris un seul cours de compta du coup, je n’en avais aucune idée, mais je viens d’apprendre quelque chose ! ;)

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